1/
L’étape de création du
contexte
Le médiateur s’attache à
créer un climat de confiance entre
lui et les parties. Il permet à chacun
des interlocuteurs de se sentir reconnu, selon
la dynamique d’intention positive propre
à chacun. Dès ce moment, il
ouvre la voie de l’identification de
ce qui est important pour chacun.
2/
L’étape d’écoute
L’écoute active, avec ses variantes:
- De
reformulation,
-
De recadrage,
-
De recentrage,
-
Et de synthèse.
Doit faire partie des réflexes du médiateur.
Elle est utilisée pour clarifier l’intention
de chacun, apprécier les éléments
du conflit ou de la rupture du lien par chacun
des parties. Elle sera utilisée au
cours de la partie diagnostique comme sur
la partie résolution et élaboration,
co-construction de solutions.
3/
L’étape de définition
Le médiateur accompagne la clarification
des faits, des intérêts, des
attentes et des besoins. La définition
d’un problème peut avoir évolué.
Le problème lui-même s’est
peut-être déplacé après
les discussions.
Cette
troisième étape est l’occasion
de reprendre les faits et d’avoir des
échanges sur les différents
points de vue. C’est aussi l’occasion
d’évoquer les bruits de couloir
et les « qu’en dira-t-on ».
4/
L’étape de résolution
« Cette quatrième étape
va de la recherche à l’évaluation
des solutions et à la sélection
de la solution la mieux adaptée. C’est
la partie créativité de la médiation.
Un
problème a toujours au moins une autre
solution à laquelle on n’avait
pas pensé ou que l’on n’a
pas osé proposer. Les parties peuvent
se mettre d’accord pour que la solution
ne soit pas définitivement arrêtée.
5/
L’étape de validation
Il s’agit d’imaginer la mise en
oeuvre de la solution, ses modalités
et ses implications.
6/
L’étape de conclusion
Le médiateur doit savoir conclure afin
de terminer la médiation. Il s’agit
de mettre un terme dans le temps au processus
pour le déclarer terminer. Mais c’est
aussi une étape qui peut servir à
formaliser une certaine « contractualisation
» ou à officialiser les termes
du contrat.
Un statut de médiateur Pourquoi
?
Les
médiateurs ont un rôle largement
positif. Leur utilité publique est
aujourd’hui incontestable. Leur rôle
est d’apporter des réponses aux~
inquiétudes des usagers en précarité
ou en vulnérabilité.
Le
métier de médiateur évolue
et se transforme pour mieux répondre
aux aspirations des usagers et cette fonction
de médiation est irréductible
à chacun des autres métiers
de la vie urbaine. Elle est nécessaire
parce qu’elle répond à
des difficultés de fonctionnement des
villes qui sont apparues ces dernières
années et se sont accrues depuis lors.
La
médiation trouve des solutions et contribue
à empêcher une évolution
dramatique vers la constitution de ghettos
dominés par la violence, l’isolement,
la solitude, la précarité, la
détresse etc... En effet, les personnes
conçernées par ces difficultés
sociales ont pour
caractéristiques communes de rassembler
ce même profil de vulnérabilité.
Elles éprouvent des difficultés
d’origine diverses, mais qui bien souvent
se cumulent pendant un moment durable de leur
vie (revenus insuffisants, problèmes
d’utilisation de la langue, difficultés
scolaires des enfants, couples éclatés,
emplois instables, intégration sociale
problématique, maladies, handicaps,
violences etc...)
Tant
que ces difficultés existeront avec
de telles caractéristiques, les difficultés,
crises ou conflits sociaux subsisteront et
se manifesteront. Le médiateur, avec
ses actions dans tous les domaines peut modifier
cette réalité par sa présence
active sur le terrain.
La
médiation constitue le principal métier
dont la présence est nécessaire
pour garantir l’efficacité des
différentes actions publiques à
condition d’améliorer son statut
et les modalités d’exercice de
sa fonction liées à l’accueil,
à l’information, à la
prévention, à l’éducation,
à 1 ‘écoute, à
l’accès aux droits et aux soins
etc...
Le
rôle complexe du médiateur est
différent et suppose des compétences
incontestables de médiation, car sa
mission est de nature technique. La reconnaissance
de la spécificité du statut
de médiateur apportera de surcroît
une opportunité d’enrichir le
partenariat, qu’il s’agisse des
institutions ou des travailleurs sociaux,
en favorisant des logiques de complémentarité
et de coopération sur le terrain et
non de concurrence.
La
médiation apporte un nouveau mode de
régulation sociale, contribue à
la réappropriation des normes de la
société par l’explication
et le dialogue, recrée le lien social
distendu, rétablit
des passerelles entre les usagers, les partenaires
et les institutions, mais bien souvent entre
les habitants eux-mêmes qui appartiennent
à des cultures ou à des générations
différentes.
Stabiliser
le statut de médiateur
Le
médiateur a donc un rôle spécifique
à jouer dans tous les domaines d’actions
sociales culturelles, d’accès
aux soins et à la prévention
etc... Les institutions ne peuvent pas répondre
à tous les problèmes sociaux
contemporains, mais elles sont suffisamment
interpellées par les usagers pour avoir
des éléments de réponse
à apporter. Le médiateur répond
à ces attentes.
La
stabilisation de la fonction assurée
par la médicateur suppose le passage
par des conventions collectives qui ont besoin
de qualifications ressources.
En
effet, les démarches du médiateur
répondent à une volonté
commune de promouvoir un mode d’intervention
dans des relations basées sur la philosophie
du dialogue et de la négociation. Elles
tendent à s’établir comme
un mode spécifique de régulation
sociale:
Susciter plus largement du lien social, améliorer
les relations entre les institutions, les
groupes sociaux et les usagers, ainsi que
les relations des personnes entre-elles. Ce
foisonnement d’expériences faisant
appel à des qualités humaines
indiscutables s’est développé
sous
l’appellation générique
de «médiation ».
Qu’elles
soient l’initiative citoyenne ou institutionnelle,
ces pratiques occupent une place de plus en
plus importante dans les domaines d’activités
sociales et autres. Ces pratiques génèrent
de véritables dynamiques locales, contribuent
à conforter le lien social, à
améliorer
la cohésion sociale, à favoriser
l’accès aux droits et aux soins
etc...
Elles
tendent à établir une plus grande
égalité des chances au sein
de la société, à favoriser
une plus grande proximité des institutions
avec le public, à expérimenter
de nouvelles formes de relations sociales
et à développer une plus grande
humanité dans les rapports avec les
gens.
La
démarche de la médiation répond
donc à un objectif de pédagogie
citoyenne qui constitue le coeur de son utilité
publique, par le dialogue et l’écoute,
en facilitant une meilleure compréhension
des situations, des normes, des points de
vue d’autrui et des conséquences
sociales des comportements de chacun et favorise
l’autonomie des citoyens.
Un
statut pour des actions variées
Les
activités du médiateur concernent
des catégories d’interventions
très variées, aux parcours divers
et pour lesquels la médiation constitue
une fonction spécifique. La médiation
est néanmoins une intervention en qualité
de tiers ou d’intermédiaire entre
deux parties.
Le
médiateur intervient donc dans les
interstices, en amont ou en aval d’autres
intervenant notamment dans le champ de la
prévention, de la sécurité,
de l’intégration, de l’accès
aux soins et aux droits etc...
L’
émergence de la médiation doit
donc conduire à une définition
du statut de médiateur car le besoin
d’un cadre de référence
par rapport aux pratiques de la médiation
se fait ressentir. Ce besoin de clarification
participe également à une fréquente
demande de reconnaissance professionnelle
vis-à-vis des professionnels et des
institutions.
Il
nous apparaît nécessaire de parvenir
à la production d’une reconnaissance
du statut de médiateur, recueillant
l’adhésion des différents
ministères et partenaires concerné
par une définition précise de
la fonction du médiateur, de sa condition
d’exercice et
d’articulation avec les autres métiers.
Il
ne s’agit pas de rigidifier des pratiques
qui ont fait la preuve de leur pertinence
et dont l’intérêt réside
souvent dans la spontanéité,
la faculté d’adaptation, l’inventivité
et le non assujettissement à des normes
institutionnelles. Il s’agit en fait
de répondre à une demande
largement exprimée d’élaborer
un cadre de référence de la
médiation pour offrir une série
de points de repères aux intervenants
pour guider leurs pratiques, ainsi qu’aux
pouvoirs publics aux employeurs et aux partenaires.
Un
statut pour une éthique
1) La mentalité et l’impartialité
La
neutralité et l’impartialité
sont des principes qui guident l’intervention
des médiateurs et qui ne doivent pas
favoriser l’une ou l’autre des
parties. En tout état de cause, l’application
de ces principes dépend de la reconnaissance
d’un statut de médiateur et 1’
intervention en binôme peut contribuer
à un meilleur respect de ces principes.
2)
La négociation et le dialogue
L’action
de médiation se situe dans le cadre
de la négociation et du dialogue. A
aucun moment, elle ne se situe dans le cadre
d’une intervention d’autorité
qui serait imposée.
3)
Le libre consentement et la participation
des usagers
La
médiation repose sur le libre consentement
des parties. A tout moment, il est possible
pour l’une ou l’autre des parties
de revenir sur ce consentement. La médiation
doit reposer sur la recherche constante de
l’adhésion des parties aux objectifs
de ses interventions. Elle doit viser à
obtenir la participation des usagers, à
la résolution du différent qui
les oppose ou à améliorer la
communication et le lien social, l’accès
aux droits ou aux soins etc.. .Cet objectif
impose en contrepartie pour le médiateur,
un devoir d’explication sur les conditions
de son intervention et sur les limites de
celles-ci.
4)
La mobilisation des institutions
En
favorisant la citoyenneté et en servant
de révélateur de dysfonctionnement
des institutions le médiateur contribue
à la modernisation, à une plus
grande proximité de celles-ci avec
les habitants et les usagers ainsi qu’à
leur adaptation aux besoins nouveaux. Le médiateur
contribue ainsi au bon fonctionnement des
missions de services public sans s’y
substituer et sans faire écran entre
les institutions et les publics.
5)
La protection des droits des personnes
La
médiation tend à une protection
des personnes et de leurs droits et ne peut
pas se substitué aux prestations ou
aux droits garantis à chacun. Elle
conduit à une amélioration des
relations sociales sans jamais obliger quiconque
à renoncer à ses droits.
6)
La discrétion et les obligations du
médiateur
La
discrétion et le respect de l’anonymat
s’imposent au médiateur dont
la reconnaissance repose sur la confiance
qu’il inspire aux parties. Le médiateur
ne peut utiliser les informations recueillies
lors de la médiation (qu’elles
relèvent de la confidence ou de l’observation
qu’avec l’accord des parties,
dans le respect des lois existantes).
Dans
l’exercice de leurs activités,
les médiateurs sont confrontés
à des situations complexe qui ne les
exonèrent pas pour autant de leurs
responsabilités de citoyen au regard
de la loi (obligation de porter assistance
aux personnes en péril, obligation
de dénoncer les crimes et les violences
faites aux personnes particulièrement
fragiles...).
7)
Le désintéressement et les qualités
ou médiateur
La
médiation est désintéressée,
hormis la rémunération perçue.
Le médiateur ne doit pas utiliser son
influence ou sa situation pour obtenir quelque
avantage de la part des usagers ou des structures
pour lesquelles, il intervient.
Les
fonctions de médiation nécessitent
donc des aptitudes qui sont de deux sortes:
-
Qualités et potentialités
relationnelles d’ouverture, d’analyse
de situations.
-
Expériences de la vie sociale,
de ses problématiques et de son
évolution.
La
formation
La
formation de l’IMEA a permis l’acquisition
de véritables compétences professionnelles
de la médiation, appuyée sur
l’alternance, les mises en situation,
l’analyse des pratiques,
l’intervention d’acteurs professionnels.
Elle est régulièrement actualisée
et insiste sur l’approche partenariale
et pluridisciplinaire.
La
mise en place d’un véritable
statut de médiateur disposant des qualifications
nécessaires et d’une reconnaissance
institutionnelle est une des conditions de
la mise en oeuvre dans la durée d’un
service de qualité. L’encadrement
de l’IMEA devient donc garant de cette
qualité, à la fois de contrôle
et de soutien pour les médiateurs.
Médecin du monde a pris le relais des
formations continu des médiateurs qui
on était formée par L’IMEA
dans le cadre un suivie
Le
partenariat
Les
médiateurs n’ont pas à
faire à la place des autres professionnels.
Ils exercent une activité nouvelles
et originale, distincte du travail social
ou d’activités éducatives
ou de sécurité. Ils doivent
développer leur intervention en articulation,
concertation et complémentarité
avec les autres intervenants.
L’inscription
dans des logiques partenariales et territorialisées
est un principe essentiel de la médiation
et une des conditions de sa réussite
qui dépend notamment de la capacité
des autres acteurs à prendre le relais.
En ce sens des protocoles de collaborations
inters partenariaux son utilement conclu localement.
En
conclusion
Les
médiateurs sont porteurs d’initiatives
innovantes et participent activement au confortement
du lien social et à la citoyenneté
sur les quartiers et les situations difficiles
ou de précarité. Dans le même
temps, la fonction de médiation met
à jour la nécessité de
faire évoluer ce métier car
certains enrichissent leurs missions, par
la prise en compte de nouveaux modes opératoires,
liés à leurs parcours personnels.
Dans
le domaine de la prévention de la violence
et de la délinquance, le coeur de l’intervention
du médiateur repose sur l’écoute,
le dialogue entre les populations et les institutions
et entre les usagers eux-mêmes et vise
à réduire les tensions, à
prévenir les conflits, à orienter
vers l’accès aux droits et aux
soins.
En
assurant une présence humaine rassurante
et en garantissant l’égalité
dans l’usage des droits, le médiateur
permet une meilleur compréhension réciproque
et aide à la recherche de solutions
par l’écoute, en secourant, en
soutenant et en participant à l’amélioration
ou à l’amélioration du
cadre de vie.
Il
est à la demande des institutions ou
des usagers, un intermédiaire, voire
un facilitateur avec les différents
interlocuteurs. Il permet à la personne
de faire connaître ses droits, d’accéder
à l’exercice de ses droits ou
des soins.
Il
favorise la reconnaissance de la personne
en difficulté, fait connaître
aux populations concernées les exigences
et contraintes des institutions, sensibilisé
les institutions aux spécificités
et notamment aux approches culturelles différentes
de certains publics.
Le
rôle du médiateur consiste en
une activité d’établissement
de relation et d’accueil dans le contexte
visant à raccourcir une distance (d’un
point de vue temporel, social ou culturel)
par rapport aux usagers, en une activité
d’orientation et d’accompagnement
par rapport à des institutions ou des
structures.
C’est
une activité de service public et une
organisation de supports visant à faciliter
les rencontres avec les usagers et la mise
en relation avec les institutions et les structures.
Pourquoi la reconnaissance du médiateur?
Faute
de réelle volonté politique
et de moyens appropriés, le médiateur
doit développer par lui-même
sa démarche de coopération avec
les partenaires et les institutions, avec
objectivité. Il cherche toujours à
rallier des positions de coopération,
par la persuasion. Fort d’une longue
expérience du système politico
administratif, il sait qu’il serait
vain d’agir contre les administrations
et sans elles.
Toute
la difficulté pour le médiateur
est d’être agrée par les
institutions politiques et sociales comme
un intercesseur objectif et crédible.
Le médiateur est cependant reconnu
comme l’allié des citoyens et
devient un observateur des défauts
des institutions et les pousse sans cesse
à s’ améliorer. Par le
dialogue, l’accompagnement, l’information,
il provoque un déblocage des situations
difficiles.
Une
fois son intervention «admise »,
ses interventions sont régentées
par le pragmatisme. Il rencontre les usagers,
prend en compte leurs préoccupations
et crainte, organise les contacts avec les
partenaires pour coordonner ses actions et
a ainsi une meilleur connaissance des situations
de précarité sur le terrain
et peut préconiser des solutions adéquates.
L’obstacle
est que sans reconnaissance, le médiateur
doit user sans cesse de ses prérogatives
pour obtenir des renseignements. Les partenaires
ne se montrent pas forcément coopératifs
pour la constitution des dossiers et le médiateur
déplore le mutisme de certains collaborateurs
des délais trop longs pour une simple
informations ou le refus de communiquer des
documents nécessaires, au détriment
des bénéficiaires.
Ceci
fait, que dans son travail de terrain, le
médiateur est confronté à
des profondes incertitudes:
-
Quelle prestation est-il supposé
offrir sans sa reconnaissance?
-
Auprès de quel public doit-il
axer ses actions sans reconnaissance?
-
Quelles procédures doit-il adopter
sans reconnaissance?
Le
médiateur expérimente sans cesse,
en situation de terrain, de nouveaux services
destinés à répondre à
des besoins non couverts et sa fonction émerge
au croisement d’une logique adaptable
et spécifique pour résorber
un fossé grandissant entre les populations
locales désaffiliées et les
institutions.
Les
missions énoncées au plan nationale
ne disent rien des tâches qui vont fonder
la pratique professionnelle du médiateur
et c’est localement que les médiateurs
sont appelés à élaborer
un mode de fonctionnement et d’intervention
sans précédent, en tenant compte
de la configuration des difficultés
locales et du champ social.
La
structure d’appartenance doit aussi
entamer un compromis tacite avec les partenaires
des instituions pour fédérer
ces manières de faire spécifiques
afin de valider l’utilité des
actions du médiateur qui en contrepartie
sera la source d’une remontée
d’informations régulières
et chiffrées, éléments
de base pour mesurer la plus value de ses
actions.
Le
médiateur se rend compte que les réticences
initiales des partenaires locaux à
collaborer avec eux tiennent essentiellement
à la non reconnaissance de leur statut
et à l’absence de formation qualifiante,
gage selon eux d’amateurisme. Les structures,
les médiateurs et les~ formateurs de
l’IMEA connaissent les règles
tacites qui régissent la communauté
professionnelle et partager ces règles
permettra de se positionner en interlocuteur
fiable, quand, cette reconnaissance sera acquise.
Pourra
être mise en place, par exemple, une
forme de régulation par l’écriture,
via la tenue d’un cahier de liaison,
où chaque médiateur pourra mettre
à jour ses activités et des
fiches de suivi nominatives décriront
l’évolution de la situation des
personnes rencontrées et suivies.
Cette
structuration des pratiques trouvera forcément
un écho auprès des professionnels
qui en viendront progressivement à
contacter fréquemment les médiateurs
et les tensions entre les travailleurs sociaux
et les médiateurs tendront à
s’estomper pour laisser place à
des multiples interactions.
Si
l’Etat reconnaît par la promotion
de ces nouveaux métiers basés
sur des compétences professionnelles
spécifiques et considère les
médiateurs comme le fondement d’une
nouvelle manière de faire, cette compétence
révèlera toute la place du médiateur
au côté des
professionnels et sa légitimité,
car en répondant aux exigences du terrain,
les médiateurs se positionnent sur
le créneau du manque de disponibilité
des travailleurs sociaux pris par un travail
beaucoup plus administratif.
Reconnaissance
et valorisation
Reconnaître
l’engagement des médiateurs le
valorisera et pour eux c’est une absolue
nécessité. L’état
a besoin du médiateur, de sa motivation,
de son insertion locale, de sa conviction.
Sans soutien à cet engagement, le médiateur
risque de s’essouffler, ce qui entraîne
abandon, dilettantisme, démotivation.
La
reconnaissance du médiateur passe par
quatre grands axes:
-
La formation continue dispensée
par l’IMEA
-
Le souci de la qualité des conditions
de travail des médiateurs.
-
Le libre partenariat avec les professionnels
et les institutions.
-
La reconnaissance du travail accompli
sur le terrain.
Cette
importante démarche de valorisation
du médiateur s’impose en réponse
aux réflexions managériales
des professionnels afin que nous passions
d’un portrait nébuleux du médiateur,
au paysage concret de la médiation
pour une orientation saine des activités
du médiateur, une satisfaction qui
mènera au caractère positif
de l’engagement du médiateur.
Importance
du sentiment d’action
Agir
est le fondement même du médiateur,
même si l’obtention du résultat
ne se fait pas sentir immédiatement,
aplanir les difficultés, résoudre
les conflits etc... sont des ressources qui
permettent au médiateur de faire face
aux situations parfois difficiles.
Dans
cette perspective, il est important que l’activité
des médiateurs soit reconnue et s’insère
dans une gestion ordonnée, que les
tâches confiées s’adaptent
à une efficacité de pratiques
qui entretiennent la motivation du médiateur.
Il est difficile de demander de l’engagement
personnel efficace pour une cause, si les
collectivités locales ou les institutions
n’engagent pas les moyens nécessaires
et la reconnaissance pour cette même
cause, moyens nécessaires pour conforter
et démultiplier le volontarisme du
médiateur.
Reconnaissance
La
reconnaissance des actions et de l’efficacité
est une gratification à laquelle les
médiateurs sont sensibles. Ce témoignage
est apprécié qu’il vienne
des partenaires, des usagers, des élus
ou des institutions.
Les
médiateurs sont souvent engagés
à une cause. Un monde meilleur, ou
tout au moins un monde amélioré,
qui implique une part d’engagement personnel
qui commence dans la commune. Nos motivations
et nos conceptions éthiques, voire
idéologiques doivent être prises
en compte et le rapport des institutions et
partenaires avec les médiateurs doit
être une négociation ininterrompue.
Pour
les médiateurs, la relation humaine
est une préoccupation de premier plan.
Ce qui les motive, c’est la perspective
de rencontrer des gens, de socialiser et d’appartenir
à cette communauté. Pour cela,
la dynamique des groupes est essentielle,
il faut construire un véritable réseau
ou les rencontres, les échanges, les
reconnaissances sont essentielles.
La
spécificité de l’action
du médiateur constitue un réseau
de connaissances et de reconnaissance qui
transcende les clivages politiques, religieux
ou sociologiques et lui confère une
efficacité réelle de terrain
car sa force vient autant de son efficience
que de son
engagement.
Pour
occuper ces postes de médiateurs, sans
une reconnaissance, nous devons sans cesse
les créer, les modeler en leur conférant
une originalité dans la communauté
professionnelle des intervenants sociaux de
territoire. Le médiateur est amené
à accomplir une grande variété
de tâche à consonance sociale
en direction des populations dites fragilisées
(accompagnement physique, visites à
domiciles..) et d’autres de nature plus
informelles (discussion, écoute, règlement
des différents, circulation sur les
quartiers difficiles...).
Ces
tâches qui fondent le coeur de l’activité
professionnelle du médiateur différent
fortement d’un contexte local à
l’autre et le médiateur, porteur
de ces nouvelles fonctions, demande par sa
reconnaissance, à construire ses pratiques
en les intégrant dans les réseaux
de relations dans lesquels il souhaite les
enchevêtrer.
Sans
reconnaissance, les frontières de ce
nouveau mode d’intervention sont donc
mouvantes et ne peuvent être définies
en relation avec d’autres professionnels,
car les médiateurs doivent prendre
place dans des réseaux d’action
sociale déjà constitués
qui ne sont pas toujours ouverts à
ce nouveau type d’intervention.
Cela
tient au fait que le médiateur n’a
pas le profil classique des travailleurs sociaux
et son entrée dans ce réseau
est lié à l’obtention
d’une formation de l’IMEA et ne
tient pas à l’acquisition du
titre de «travailleur social »
délivré par l’une des
écoles spécifiques aux professions
sociales. Or ce titre a valeur de garde fou
dans cette communauté professionnelle
car il autorise le partage du secret professionnel
entre pairs, garantit la qualité de
la prestation et protége contre les
éventuelles velléités
d’un non professionnel.
L’absence
de statut et de reconnaissance distingue et
marginalise le médiateur des métiers
classique du travail social. Enfin, le médiateur
est souvent associé à des critères
qui renvoient à des compétences
«incorporées », c’est-à-dire
à des savoirs faire empiriques issus
de leur expérience personnelle, de
leur parcours de vie qui fait corps avec la
personnalité du médiateur.
Ces
savoirs en acte,en situation sont donc liés
à des contextes spécifiques
par opposition à une qualification
technique qui exige des connaissances formalisées,
le respect méthodologique de procédure
et la mise en oeuvre de savoirs abstraits.
Le médiateur se heurte donc de plein
fouet à une sphère d’
intervention fortement codifiée et
l’hostilité initiale des travailleurs
sociaux doit être appréhendée
comme l’expression d’une inquiétude
à l’égard des transformations,
tendant à remettre en cause la nature
même du savoir professionnel de médiateur.
L’émergence
de ces fonctions de proximité pose
effectivement la question de la reconnaissance
des conditions d’exercice du médiateur,
car sans elles, il ne peut accomplir des actes
à consonance sociale. Il est donc indispensable
de s’interroger sur la manière
dont le médiateur peut construire sa
pratique professionnelle et sur le rôle
que joue l’environnement professionnel,
la structure d’accueil, dans la construction
de son, service et de ses pratiques.
Face
à ce nouveau concurrent, les groupes
professionnels protégent leurs zones
de compétences et le médiateur
sans cesse invente son métier par ajustements
progressifs. Le médiateur a donc besoin
d’une reconnaissance de son statut et
de ses activités. Stabiliser la place
du médiateur tant au sein du réseau
local que vis-à-vis des institutions
implique que tout cet environnement reconnaisse
qu’il détient une compétence
professionnelle permettant d’assurer
une prestation nécessaire, originale
et utile.